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L'aluminium dans l'eau multiplie par 2 les risques de déclencher Alzheimer

    Au début des années 1970, le chimiste et toxicologue Henri Pézerat s’est intéressé au matériau qui compose le plafond du laboratoire de chimie où il travaille, à l’université Jussieu, à Paris.

    Il s’agissait d’amiante !

    C’est après un quart de siècle de combat acharné, qu’Henri Pézerat obtiendra que l’amiante soit interdit par le gouvernement français. Qui peut dire combien de décès et de maladies ont été évités grâce au courage de cet homme ?

    L’amiante ne fut pas le seul combat de Henri Pézerat. En 2000, il fut le premier à alerter sur les dangers provoqués par le déversement du fioul sur les côtes bretonnes de l’Erika.

    Un danger pire que l’amiante

    En 2004, il lance une nouvelle alerte, touchant un plus grand nombre de personnes encore que l’amiante : le rapport incontestable entre les taux d’aluminium dans l’eau du robinet et la proportion de malades d’Alzheimer dans la population qui la consomme.

    Que nous le voulions ou non, nous consommons tous, quotidiennement, de l’aluminium. Ce qui fait la différence, c’est l’accumulation des doses consommées dans l’organisme, qui se concentrent dans les os… et le cerveau.

    Plus l’eau que nous buvons est riche en aluminium, plus nous polluons rapidement notre corps.

    Une fois de plus, le médecin ne récolta des quolibets de la plupart de ses confrères. Si l’aluminium était vraiment dangereux pour la santé, ça se saurait depuis longtemps, voyons !

    Les études sur lesquelles se base le rapport de Henri Pézerat concluent pourtant à « une augmentation du risque de démence ou de maladie d’Alzheimer, risque estimé entre 1,5 et 2,5 pour une concentration hydrique d’aluminium supérieure à 100 ou 110 µg/litre ».

    Autrement dit, le seuil de dangerosité est situé à 0,1 mg/litre. Or, ce code de santé publique a fixé le seuil qu’il est « préférable de ne pas dépasser » à… 0,2 mg/litre !

    Les recommandations officielles sont basées sur une valeur quadruplant dans l’absolu le risque de développer Alzheimer.

    Impossible de ne pas trouver d’aluminium dans l’eau, de nos jours : le sulfate d’alumine est utilisé… par les stations d’épuration des eaux !!! Dans certaines villes françaises, le seuil de 0,5 mg/litre d’aluminium est parfois atteint !

    C’est une honte.

    Hélas, ce combat a perdu son plus tenace soldat. Henri Pézerat est décédé en 2009, à l’âge de 81 ans.

    Depuis, la résistance et le combat pour la vérité s’organisent ; d’autres scientifiques ont pris le relais, à commencer par le Dr Jean-Paul Curtay, le pionnier de la nutrithérapie en France.

    Le Dr Curtay alerte ses lecteurs sur le danger persistant d’une eau trop riche en aluminium, et fait le point sur les dernières recherches consacrées à cette question dans le numéro spécial des Dossiers de Santé & Nutrition « L’eau – Bien s’hydrater sans s’empoisonner » que nous sortons ce mois-ci.

    Le Dr Curtay ne s’arrête cependant pas là, car l’aluminium n’est que la partie émergée de l’iceberg du problème de santé publique.
     
    Accrochez-vous.

    L’eau du robinet, un cocktail de médicaments chimiques

    Saviez-vous que l’analyse des eaux de la Seine a révélé qu’elle était riche en tramadol et en codéïne, de puissants antalgiques ?

    Attention, je parle là d’une eau analysée non pas à l’entrée, mais à la sortie de la station d’épuration !!!

    Ce n’est pas tout. « Une étude, conduite par l’Agence française de sécurité sanitaire de l’environnement et du travail (Afsset), montre que des molécules anticancéreuses très actives, présentant "un danger potentiel pour la santé humaine et l’environnement", sont présentes dans "des quantités non négligeables" dans les effluents hospitaliers, mais aussi en aval de la station d’épuration qui recueille ceux-ci.

    Depuis d’autres études retrouvent régulièrement : antidépresseurs, antibiotiques, anti-inflammatoires, anticancéreux, produits de contrastes utilisés dans l’imagerie médicale dans les cours d’eau, dans les nappes phréatiques et, pour certains produits, jusque dans l’eau du robinet et même les eaux en bouteille… [2] »

    Le problème ne concerne pas que la France. Il est mondial. Vous découvrirez, à la lecture de l’article « Alerte aux médicaments dans l’eau » dans ce numéro spécial L’eau – Bien s’hydrater sans s’empoisonner, que la raison principale de cette pollution médicale est ahurissante : les stations d’épuration ne sont ni programmées, ni équipées, pour « nettoyer » les tonnes d’eau évacuées par les centres hospitaliers.

    Cette irresponsabilité a des conséquences mortifères sur la population. L’une de ces conséquences est le développement de l’antibiorésistance, c’est-à-dire la résistance des bactéries aux antibiotiques…

    En déversant à tout-va des eaux polluées aux antibiotiques, nous permettons aux bactéries pathogènes de se fortifier avant même qu’elles ne s’attaquent à notre santé ! C’est comme si la France avait envoyé les plans de la ligne Maginot avec ses compliments à l’Allemagne avant même le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale.

    Résultat des courses ? 13 600 décès l’an dernier en France [3].

    Là où cela commence à devenir inquiétant, c’est que des traces de médicaments employés pour traiter le cancer du sein et de médicaments vasodilatateurs ont été retrouvées… dans des eaux en bouteille de marques célèbres, que je ne peux pas citer ici.

    Vous trouverez les noms de ces bouteilles, ainsi que les mesures qui s’imposent, dans l’article « Alerte aux médicaments dans l’eau », dans le numéro spécial que Les Dossiers de Santé & Nutrition consacre à « L’eau – Bien s’hydrater sans s’empoisonner ».

    Les mesures de protection sanitaire indispensables que vous trouverez dans ce numéro exceptionnel dépassent cependant les seuls problèmes présentés par l’aluminium et les médicaments chimiques.

    Ce que les « recommandations officielles » ne disent pas

    En France, la potabilité de l’eau dépend de normes précises.

    Ces normes concernent autant la structure naturelle de l’eau comme les sulfates ou le sodium, que les substances indésirables comme les hydrocarbures ou le zinc, et surtout les substances toxiques telles que l’arsenic, le plomb, les pesticides, etc.

    Mais il y a deux « hic », et de taille.

    Le premier, c’est que de nombreuses villes disposent de « dérogations » pour distribuer des eaux dépassant ces normes ! Au total, ce sont deux millions de Français qui ont la « permission exceptionnelle » de boire une eau considérée ailleurs comme impropre à la consommation.

    De qui se moque-t-on ?

    Le second hic, qui touche cette fois l’ensemble de la population, est que ces normes sont en réalité sous-évaluées.

    Quelques exemples :

    • Le chlore devrait être purement et simplement interdit. L’eau du robinet chlorée est associée à une augmentation des risques de cancers de la vessie et du côlon, ainsi que de fausses couches chez les femmes enceintes.
    • L’arsenic, qui par effet cumulatif augmente les risques de diabète, de maladies cardio-vasculaires et de cancers de la peau, de la vessie et des poumons… et circule à des taux associés à plusieurs dizaines de décès par an dans les réseaux d’eau potable de 13 départements français.
    • Les pesticides, et en particulier les PCB (polychlorobiphényles), des perturbateurs endocriniens massivement employés par Monsanto et qui se retrouvent aujourd’hui dans quelque 550 sites terrestres en France, et dans les eaux de la Seine, de l’Allier, de la Loire, du Rhin et de la Moselle. Or, les PCB sont des reprotoxiques qui perturbent la fertilité, le développement du fœtus puis des enfants, le système cardio-vasculaire...

    « Une étude réalisée en 2011 dans le cadre du Plan National Nutrition Santé, révèle que les Français ont des taux de PCB supérieurs aux Allemands et 4 à 5 fois supérieurs à ceux des Américains », indique le Dr Curtay.

    Et nous n’avons pas encore parlé des problèmes posés par le cuivre, le plomb ou encore l’atrazine… Vous retrouverez l’intégralité de ces informations dans l’article Mon eau est-elle potable ? du numéro spécial des Dossiers de Santé & Nutrition consacré à l’eau.

    À ce stade de votre lecture, je conçois que vous puissiez vous sentir déprimé, comme je l’ai moi-même été en découvrant l’ampleur du problème à la lecture de ce dossier fracassant.

    Cependant, cette prise de conscience est indispensable pour que les choses commencent à bouger… et d’abord notre vigilance en tant que consommateur.

    Surtout, le Dr Curtay indique les solutions à privilégier pour que l’eau ne soit plus un danger pour votre santé, mais devienne même un acteur positif de votre santé.

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